La mise en place d’un master genre en promotion sociale

La mise en place d’un master genre en promotion sociale

Question orale du 7/02/2017

  • De LEAL LOPEZ Clotilde
  • à SIMONIS Isabelle, Ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Egalité des chances

Madame la Ministre,

Comme vous le savez, il se discute en Enseignement supérieur, la mise en place d’un master interuniversitaire de spécialisation en études de genre. Il semblerait que ce projet soit en voie de concrétisation puisque l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES) a     officiellement déposé l’habilitation pour ce master. Ce travail est réalisé en concertation avec l’ARES, le Comité Femmes et Sciences, le Centre pour l’égalité des chances, les personnes de « contact genre » et le FNRS.

L’objectif est de proposer un master qui répond aux enjeux de notre société quant aux inégalités entre homme et femme, en étudiant et cherchant à contrer les stéréotypes et les discriminations liés au genre. Ce master sera pluridisciplinaire puisqu’il devrait comporter des cours de droit, d’économie, d’anthropologie, de sexualité, de littérature, de psychologie, de médecine, etc.

Madame la Ministre, nous connaissons votre attachement à cette matière et nous souhaitons savoir :

  • Dans quelle mesure la promotion sociale pourrait être concernée par cette filière d’étude ?
  • Des contacts ont-ils été pris avec les représentants de la promotion sociale pour développer cette filière notamment dans le cadre de l’ARES ?
  • Un établissement de promotion sociale s’est-il montré intéressé par ce domaine d’étude ?

 

Réponse de la ministre

Le futur master interuniversitaire de spécialisation en études de genre verra le jour à la prochaine rentrée académique. Il est le fruit d’une collaboration entre les six universités francophones de Belgique. Il permettra d’offrir la première formation universitaire dans le domaine des études de genre en Belgique francophone et constitue un programme totalement inédit: il est, à ce jour, le seul à engager l’ensemble des universités francophones.

La formation proposée vise à rencontrer un enjeu sociétal majeur et à répondre à des besoins et attentes d’organismes externes, nationaux et internationaux, désireux d’engager des actrices et acteurs de changement dans notre monde en mutation. La mise sur pied de ce nouveau master fait partie intégrante du Plan transversal de promotion de l’égalité des chances, adopté par le gouvernement, le 19 novembre 2014, et est réalisée en collaboration avec le ministre chargé de l’enseignement supérieur. Une coordinatrice a récemment été engagée au sein de I’ULB afin de mettre en œuvre l’ensemble du travail de coordination en matière de logistique et de communication autour de ce master d’ici à septembre 2017. Seules les universités sont actuellement concernées par ce projet. Ni les hautes écoles ni l’enseignement de promotion sociale n’ont participé à la mise en œuvre de celui-ci. Nous verrons au fil de sa mise en œuvre si des formes d’appropriation sont envisageables et souhaitables.

Toutefois, le modèle n’a pas été conçu pour être développé à d’autres niveaux que le niveau universitaire. Pour compléter votre information, je demeure bien sûr très attentive aux travaux relatifs à la formation initiale des enseignants et à l’intégration, dans ce cadre, de modules consacrés à la déconstruction des stéréotypes de genre. Par la flexibilité qu’il offre, l’enseignement de promotion sociale pourrait organiser des formations continues sur des thématiques concernant le genre, notamment pour des professeurs déjà diplômés et pour des acteurs institutionnels. Si l’enseignement de promotion sociale est généralement porteur de l’ensemble des modules, la conception est, dans ce cadre, axée sur le monde universitaire et a été réalisée par les universités.

Réplique de Clotilde Leal Lopez

Je sais que cet enjeu vous tient à cœur, Madame la Ministre. Il convient de mettre tout en œuvre pour mieux appréhender ces phénomènes de discrimination ainsi que les inégalités engendrées par ceux-ci. En ce qui concerne le master de genre, je peux comprendre que la priorité ait été accordée aux universités. Le plan et le suivi que vous réalisez concernant le stéréotype de genre dans l’enseignement, en général, sont déjà porteurs et constituent une base solide. La situation évoluera peut-être, même si la problématique ne s’inscrit pas dans l’enseignement de promotion sociale pour l’instant.

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