L’impact du nouveau plan de transport sur la région de la Basse-Sambre

L’impact du nouveau plan de transport sur la région de la Basse-Sambre

Question orale du 2/05/2017

  • De LEAL LOPEZ Clotilde

  • À PREVOT Maxime, Ministre des Travaux Publics, de la Santé, de l’Action Sociale et du Patrimoine

 

Monsieur le Ministre,
Dans le cadre du futur plan de transport 2017-2020, il est envisagé de supprimer les arrêts de l’IC25 Mons-Liège en gare de Châtelet, Auvelais et Jemeppe-sur-Sambre. En contrepartie, un doublement de la fréquence du tronçon omnibus Charleroi-Jambes est prévu.

Les IC feraient deux arrêts par heure à Tamines comme actuellement, mais plus un seul ne s’arrêterait à Auvelais. Pour l’utiliser régulièrement, je sais que ces arrêts sont très fréquentés.

Pour les usagers, il est difficile de comprendre la suppression des arrêts de Châtelet, Auvelais et Jemeppe S/S de l’IC25 sous prétexte que l’offre d’arrêts est surabondante dans la région de la Basse-Sambre.

Or, il y a une densité de population importante. De plus, Tamines est déjà engorgé aux heures de pointes par les voitures et les très nombreuses lignes de bus. En concentrant les arrêts d’IC là-bas, ne va-t-on pas accentuer ce problème de mobilité car des voyageurs des gares avoisinantes délaissées par l’IC25 vont devoir s’y rendre pour pouvoir prendre le train…

Enfin, quel est le but d’aligner la politique d’arrêt de l’IC19 et de l’IC25 entre Namur et Charleroi alors qu’on ne le fait pas ailleurs sur la dorsale wallonne? Quelle cohérence et quelle clarté pour le voyageur ? La cellule ferroviaire a-t-elle pu rendre une analyse sur l’impact de ces décisions ? Une adaptation est-elle encore envisageable ?

Nous devons nous réjouir de la volonté de la SNCB de réduire les temps de parcours. Mais cela doit-il forcément passer par la suppression d’arrêts; des suppressions qui semblent d’ailleurs cibler le tronçon Namur-Charleroi. La ligne 130 ne semble pourtant pas constituer la zone la plus problématique en termes de retard. Ensuite, il existe des minutes d’arrêt tampon énormes, notamment pour l’IC25 à Namur et Jemeppe S/S. Pourriez-vous proposer à la SNCB de diminuer ces minutes d’arrêt tampon anormalement longues pour gagner en temps de parcours, plutôt que de supprimer des arrêts ?

Je vous remercie pour vos réponses,

 

Réponse du Ministre M. PREVOT

 

Madame la Députée, sur la ligne 130 circule actuellement un IC « rapide », l’IC 19 Lille-Namur n’effectuant qu’un arrêt intermédiaire à Tamines pour lequel le temps de parcours Charleroi Sud-Namur est de 30 minutes et un IC aussi plus lent, l’IC 25 Mons-Liège qui effectue des arrêts supplémentaires à Châtelet, Auvelais et Jemeppe-sur-Sambre pour lequel le temps de parcours Charleroi Sud-Namur est de 36 minutes.

Cette politique d’arrêt non uniforme est l’héritage de la situation qui prévalait avant décembre 2014. Il existait alors, sur la dorsale wallonne, deux relations différentes qui ont été rebaptisées sous le même label lors de la refonte du Plan de transport en décembre 2014, sans que leur politique d’arrêt ne soit adaptée.

Dans ses revendications pour le Plan de transport 2017, le Gouvernement wallon avait demandé, sur la dorsale wallonne, le maintien de l’offre actuelle et la mise en service de trains rapides desservant uniquement les gares principales. La SNCB a estimé que ce projet ne présentait pas de potentiel en termes de clientèle. « En contrepartie », elle propose de modifier la politique d’arrêt de l’IC 25 afin d’améliorer les temps de parcours de cette relation toute la journée et maintenir une offre de deux trains par heure et par sens à Châtelet, Auvelais et Jemeppe-sur-Sambre ; la SNCB a décidé de doubler la fréquence des trains locaux entre Charleroi et Namur.

De manière générale, la Cellule ferroviaire de la Wallonie est favorable à une harmonisation de la politique d’arrêt des relations de même type, car cela améliore la lisibilité de l’offre et permet d’optimiser les correspondances, dans l’optique du développement d’un réseau ferroviaire organisé autour de certaines gares. À ce titre, le projet de la SNCB est intéressant et, comme vous le soulignez, ce travail d’uniformisation de la politique d’arrêt devrait également être mené en d’autres endroits du réseau pour davantage de cohérence.

La réduction des temps de parcours est également une évolution souhaitable. Selon mes informations, les temps d’arrêt de la relation IC 25 en gares de Jemeppe et Namur ne sont pas anormalement longs : respectivement une minute et trois minutes. Il y a donc là, peu de marges de manœuvre.

En termes de temps de parcours, le projet de la SNCB permettra un gain de 10 minutes entre Liège et Charleroi et entre Liège et Mons.

Entre Charleroi et Namur, il y aura désormais deux trains IC par heure reliant ces deux villes en 30 minutes, ce qui devrait également offrir davantage de possibilités de correspondances. En revanche, les gares de Châtelet, Jemeppe-sur-Sambre et Auvelais perdront leur relation IC, et les temps de parcours vers Liège, Namur, Charleroi et Mons s’allongeront donc pour ces trois communes.

À l’heure actuelle, la Cellule ferroviaire ne dispose pas d’information concernant les correspondances qui seront assurées par les relations omnibus en gares de Charleroi Sud et Namur puisque les horaires provisoires du nouveau Pan de transport ne seront diffusés qu’à la fin du mois de mai.

Selon les statistiques 2015 de la SNCB, le nombre moyen de voyageurs montés par jour en semaine dans ces gares est respectivement de 847 à Châtelet, 616 à Auvelais et 521 à Jemeppe. Il est évident qu’un report des usagers de ces gares, en particulier Auvelais et Jemeppe, vers la gare de Tamines, avec tous les embarras de circulation et de stationnement que cela impliquera, est à craindre. Cette gare compte déjà actuellement 1 519 voyageurs montés par jour.

À l’heure actuelle, le Plan de transport de la SNCB n’est toujours pas avalisé par le Gouvernement fédéral, mais puisque les demandes de sillons ont déjà été introduites, une modification du projet de Plan de transport 2017 me paraît, hélas, illusoire.
 

Réplique de la Députée C. LEAL LOPEZ

 

Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. En effet, la SNCB est un service public et Sambreville, plus que jamais, a besoin d’une offre ferroviaire variée et qui s’adapte aux besoins de chacun, que l’on soit étudiant, mère de famille ou à la recherche d’un emploi.

Supprimer les IC Auvelais, Jemeppe-sur-Sambre, pose vraiment un énorme problème, parce que tous ces navetteurs vont se rendre sur Tamines, le parking va être engorgé. La mobilité au-dessus du pont de Tamines
étant déjà déplorable actuellement, on peut imaginer ce que cela va donner.

Avoir fermé la gare d’Auvelais était un signal qui avait été très mal pris par la population. Maintenant, supprimer l’IC, c’est encore pire. Tous ces gens qui vont sur Loverval, qui prenaient l’IC à Auvelais, vont devoir aussi se déplacer sur Tamines. Franchement, on ne sait pas comment on va pouvoir gérer toute cette mobilité en Basse-Sambre.

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