La sensibilisation concernant l’intolérance au gluten

La sensibilisation concernant l’intolérance au gluten

Question du 31/01/2017

  • De LEAL LOPEZ Clotilde
  • à PREVOT Maxime, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine

Monsieur le Ministre, en Belgique, un Belge sur cent souffrirait de cœliaquie, cette maladie auto-immune qui entraîne une malabsorption intestinale suite à l’ingestion du gluten présent dans certaines farines comme le blé, l’orge ou le seigle, qui sont utilisées dans de nombreux aliments.

Selon les estimations, plus de 50 000 personnes dans notre pays souffriraient de ce mal sans le savoir. La cœliaquie entraîne un changement radical du régime alimentaire chez les personnes diagnostiquées, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes. Pour ces personnes, les frais liés à l’alimentation et aux traitements s’élèvent à plus de 1 000 euros par an.

En plus de cette problématique financière, les malades cœliaques ont bien du mal à trouver des établissements où se restaurer sans mettre à mal leur régime strict. Récemment, lors d’un voyage en Autriche, j’ai été surprise du nombre important de restaurants qui proposaient des menus sans gluten.

En Belgique, il me semble que ce réflexe est bien moins fréquent. Même si l’Association belge de la cœliaquie recense les établissements qui proposent des recettes 100 % gluten free, il reste des efforts à fournir afin de faciliter la vie des personnes diagnostiquées.

Une campagne de sensibilisation est-elle prévue prochainement afin d’encourager les établissements à proposer systématiquement des menus sans gluten ?

 

Réponse du ministre

Madame la Députée, il faut savoir que la teneur en gluten des produits céréaliers est en perpétuelle augmentation depuis des décennies et pour cause, c’est le gluten qui confère sa résistance et son élasticité à la pâte à pain.

Pour une personne atteinte de maladie cœliaque et qui en ressent des symptomes, quatre resteront asymptomatiques, ce qui explique le sous-diagnostic de cette pathologie.

Le diagnostic de confirmation de la maladie cœliaque repose sur des biopsies intestinales, une prise de sang seule n’est pas suffisante. Sans un strict régime sans gluten, cette maladie peut avoir des complications graves pour les patients.

En dehors de la maladie cœliaque, on constate également une augmentation d’une sensibilité au gluten liée à toute une série de troubles gastro-intestinaux et extra-intestinaux associés à l’ingestion de gluten. À la différence de la maladie cœliaque et malgré les désagréments que cette intolérance engendre, l’intolérance au gluten ne provoque aucune complication grave.

De plus, il s’agit souvent d’un autodiagnostic et le régime est souvent auto-initié, c’est-à-dire sans recherche de maladie cœliaque. Environ les trois quarts des personnes qui se disent intolérantes au gluten ne présentent pas les critères de sensibilité au gluten.

Il y a quelques années, seuls les magasins spécialisés en aliments particuliers proposaient des aliments sans gluten. L’engouement pour le régime sans gluten a permis que de nos jours, la grande distribution propose de plus en plus ce type d’aliment et ce type de préparations, ce qui entraîne progressivement une démocratisation de leurs prix.

Du coté de l’HORECA, certains restaurants commencent également à proposer des menus sans gluten. Le gluten est d’ailleurs un des 14 allergènes à mentionner obligatoirement. En effet, depuis le 13 décembre 2014, tous les commerces délivrant des aliments non préemballés doivent pouvoir renseigner le consommateur sur la présence d’allergènes dans leurs produits.

Au vu des éléments explicités, il ne me semble pas pertinent d’initier une campagne de sensibilisation pour encourager les établissements à proposer systématiquement des menus sans gluten. De plus, la sensibilisation du secteur HORECA relève de mon collègue du Fédéral, M. Borsus, ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME.

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